ASSURANCE EMPRUNTEUR
Les 5 tendances d'un marché à plusieurs vitesses

C’est un bilan au vitriol des trois ans d’application de la loi Lagarde que dresse l’UFC-Que Choisir dans un rapport rendu public. Une loi censée ouvrir à la concurrence l’assurance emprunteur, cette assurance obligatoire lorsqu’on veut souscrire un crédit immobilier.
L’association de défense des consommateurs estime que le marché est toujours fermé, accaparé par trois banques (Crédit Agricole Assurance, Assurances du Crédit Mutuel et BNP Paribas Cardif) qui se partagent plus de la moitié du marché. Résultat : pour les particuliers, les tarifs n’ont pas baissé…

La loi Lagarde avait instauré la dissociation du crédit et de l’assurance-emprunteur pour permettre au consommateur de choisir librement son assureur plutôt que de souscrire le contrat proposé par la banque, généralement très onéreux. Ainsi la loi Lagarde était-elle sensée de faire baisser les prix.
La loi Lagarde a eu un effet exactement inverse à son objectif !

Or, «après trois ans d’application, l’échec est criant et la concurrence est complètement évanescente» juge Alain Bazot, le président de l’UFC. Selon l’étude de l’UFC, depuis 2008 les tarifs ont même augmenté et la part, dans ce marché, des assureurs non-bancaires a elle diminuée. Exactement l’inverse de ce qui était escompté.

L’UFC révèle aussi que plus de 70% des personnes interrogées pour l’enquête disent avoir été confrontés à un chantage tarifaire pour les dissuader ou les empêcher de faire jouer la concurrence, malgré des garde-fous prévus dans la loi. Mais dans la pratique, selon l’association, les banques exploitent les imperfections de la loi pour obliger les emprunteurs à souscrire leur assurance.